Votre assurance habitation couvre les dégâts des eaux à condition que votre contrat inclut cette garantie, ce qui est le cas de la grande majorité des contrats multirisques habitation (MRH) en France. Vous disposez de 5 jours ouvrés pour déclarer le sinistre et obtenir une indemnisation conforme à vos droits.
Qu’est-ce que la garantie dégâts des eaux ?
La garantie dégâts des eaux couvre les dommages matériels causés par l’eau dans votre logement. Elle est incluse dans les contrats multirisques habitation (MRH), qu’il s’agisse d’une assurance propriétaire ou d’une assurance locataire.
Les causes couvertes varient selon les contrats, mais incluent généralement :
- les fuites et ruptures de canalisations (eau froide, eau chaude, chauffage central)
- les débordements d’appareils à effet d’eau (lave-linge, lave-vaisselle, baignoire)
- les infiltrations par les toitures, fenêtres et façades
- les dégâts provenant d’un logement voisin ou des parties communes
Les dommages causés par les eaux de ruissellement, les inondations et les crues relèvent de la garantie catastrophe naturelle, soumise à un arrêté interministériel de reconnaissance de l’état de catastrophe naturelle.
Qui est responsable en cas de dégât des eaux ?
La question de la responsabilité conditionne directement le recours à exercer et l’assureur à contacter. La Convention IRSI (entrée en vigueur en 2018, en remplacement de la Convention CIDRE) simplifie les échanges entre compagnies d’assurance pour les sinistres inférieurs à 5 000 € HT.
Convention IRSI – principe de base : l’assureur de la victime prend en charge les dommages aux biens mobiliers ; l’assureur du responsable prend en charge les dommages immobiliers. Pas d’expertise sous 1 600 €, expertise obligatoire entre 1 600 € et 5 000 €.
| Origine du sinistre | Responsable | Assureur à contacter en premier |
|---|---|---|
| Fuite dans votre logement | Vous (propriétaire ou locataire) | Votre assureur MRH |
| Fuite chez un voisin | Le voisin (ou son propriétaire) | Votre assureur, qui se retourne contre l’assureur du voisin |
| Fuite parties communes | La copropriété (syndic) | L’assurance de la copropriété |
| Fuite causée par le locataire | Le locataire (art. 1732 Code civil) | L’assurance habitation du locataire |
En copropriété, le règlement précise la répartition des responsabilités entre parties privatives et parties communes. Une canalisation encastrée dans un mur porteur relève en général des parties communes.
Les premières démarches à effectuer
Le délai légal de déclaration est fixé par l’article L113-2 du Code des assurances : vous disposez de 5 jours ouvrés à compter de la découverte du sinistre pour déclarer le dégât des eaux à votre assureur. Ce délai s’applique même si l’origine de la fuite n’est pas encore identifiée.
Étape 1 : Stopper la fuite. Coupez l’arrivée d’eau générale et, si nécessaire, le disjoncteur électrique dans les pièces touchées.
Étape 2 : Constater et photographier. Documentez les dommages avec des photos datées avant tout nettoyage. Conservez les biens endommagés jusqu’à l’expertise.
Étape 3 : Remplir un constat amiable. Si un voisin est impliqué, le constat amiable dégâts des eaux (formulaire IRSI) doit être signé par les deux parties. Ce document accélère le traitement entre assureurs.
Étape 4 : Déclarer le sinistre. Contactez votre assureur par lettre recommandée, espace client ou téléphone selon les modalités de votre contrat. Joignez le constat amiable, les photos et une liste estimative des dommages.
Que couvre votre assurance dégâts des eaux ?
Le contenu des garanties varie selon les contrats. Voici les inclusions et exclusions les plus fréquentes :
| Garantie | Généralement couvert | Généralement exclu |
|---|---|---|
| Dommages aux biens mobiliers | Meubles, électroménager, vêtements | Objets de valeur sans avenant spécifique |
| Dommages immobiliers | Parquet, plafond, murs, revêtements | Vétusté et usure normale |
| Recherche de fuite | Frais de recherche et remise en état | Frais si fuite non détectée |
| Dégâts provenant du voisin | Dommages sur vos biens | Travaux chez le voisin responsable |
| Pertes indirectes | Frais de relogement temporaire | Pertes d’exploitation (hors garantie pro) |
Point de vigilance : la garantie recherche de fuite n’est pas systématique. Vérifiez votre contrat avant de mandater un plombier pour des travaux de détection : certains assureurs imposent l’intervention d’un prestataire agréé.
Les contrats haut de gamme incluent une garantie dommages électriques distincte, couvrant les équipements endommagés par un court-circuit provoqué par l’humidité.
Comment se déroule l’indemnisation ?
Le processus d’indemnisation dépend du montant estimé des dommages, selon le barème IRSI :
- Moins de 1 600 € : pas d’expertise, indemnisation directe par votre assureur sur la base de vos justificatifs (factures, photos, devis de réparation)
- De 1 600 € à 5 000 € : expertise obligatoire mandatée par votre assureur, qui évalue les dommages et arrête le montant d’indemnisation
- Plus de 5 000 € : sortie du cadre IRSI, recours en droit commun avec échanges directs entre les compagnies concernées
Cas concret chiffré : une fuite de canalisation encastrée cause 3 200 € de dommages (parquet 1 800 €, plafond 900 €, mobilier 500 €). La convention IRSI s’applique, votre assureur mandate un expert. Avec une franchise contractuelle de 150 € et une vétusté de 10 % appliquée au parquet (180 €), l’indemnisation nette s’élève à 2 870 €, versée dans les 30 jours suivant l’accord (art. L121-17 Code des assurances).
Questions fréquentes sur l’assurance dégâts des eaux habitation
Le dégât des eaux est-il toujours couvert par l’assurance habitation ?
Non, pas systématiquement. Si le sinistre résulte d’un défaut d’entretien manifeste ou d’une négligence caractérisée, l’assureur peut invoquer une exclusion de garantie. L’article L113-1 du Code des assurances interdit toutefois l’exclusion pour faute simple : seule la faute dolosive ou intentionnelle constitue un motif valable d’exclusion.
Que faire si mon assureur refuse de couvrir le sinistre ?
Demandez d’abord la position écrite de votre assureur avec les clauses contractuelles invoquées. Vous pouvez ensuite saisir le médiateur de l’assurance (délai de réponse : 90 jours), recours gratuit et indépendant. Si la médiation échoue, le tribunal judiciaire reste compétent.
Mon locataire est responsable du dégât des eaux : que se passe-t-il ?
Le locataire est tenu de souscrire une assurance habitation couvrant sa responsabilité locative (article 7-g de la loi du 6 juillet 1989). Son assurance prend en charge les dommages causés à l’immeuble et aux tiers. En cas de non-assurance, le propriétaire peut souscrire une assurance pour le compte dont la prime est récupérable sur le loyer, conformément à la loi ALUR 2014.
La franchise s’applique-t-elle à chaque déclaration ?
Oui, la franchise est due pour chaque sinistre déclaré, sauf clause contractuelle contraire. Certains contrats prévoient une franchise nulle pour les dégâts des eaux, ou une franchise différenciée selon l’origine du sinistre. Vérifiez les conditions particulières de votre contrat.
Un dégât des eaux déclaré peut-il entraîner une résiliation ou une surprime ?
Un sinistre isolé entraîne rarement une résiliation ou une surprime. Plusieurs déclarations rapprochées peuvent amener l’assureur à modifier les conditions tarifaires à l’échéance annuelle, voire à résilier pour sinistralité excessive. La loi Hamon (2014) vous permet de changer d’assureur à tout moment après la première année de contrat sans frais ni pénalité.
Combien de temps l’assureur dispose-t-il pour indemniser ?
Après accord sur le montant, l’assureur dispose de 30 jours pour verser l’indemnisation (art. L121-17 Code des assurances). Ce délai court à compter de la signature du rapport d’expertise ou de l’accord amiable. Un dépassement ouvre droit à des intérêts de retard au taux légal en vigueur.